Affichage des articles dont le libellé est impressions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est impressions. Afficher tous les articles

mercredi 4 mars 2020

C'est l'heure.

C'est le midi, le milieu de l'après-midi, ou le début de soirée. Comme à n'importe quel autre moment de la journée, les gens s'affairent, on parlemente ou on se presse au supermarché, de la musique orientale populaire s'échappe des boutiques ou des taxis.
Tout à coup, une voix s'élève. Puis une autre. Bientôt un fascinant concert résonne dans le quartier. Un chant mystérieux amplifié par un microphone de plus ou moins bonne qualité se fait entendre partout. 
Un calme relatif se fait. Le chauffeur de taxi coupe la musique populaire. A la radio et à la télévision, les programmes sont tous interrompus pour laisser place à une vidéo illustrant ce même chant diffusé partout. Au travail, les hommes relèvent leurs manches et vont faire leurs ablutions dans les toilettes. De nombreux autres convergent vers un même lieu, où qu'ils se trouvent en Egypte : la mosquée la plus proche. 

C'est l'appel à la prière, qui se fait ainsi entendre cinq fois par jour, selon un rituel précis et presque immuable. La voix du muezzin rythme les moments forts de la journée, imperturbable, et l'on prend l'habitude de connaître approximativement l'heure qu'il est lorsqu'il se fait entendre. Au début, l'on court le risque qu'il interrompe notre sommeil peu habitué aux alentours de cinq heures du matin. Et puis très vite, il fait partie de notre quotidien à nous aussi, et l'on se surprend parfois à s'arrêter sur les marches devant l'immeuble pour écouter cette voix qui semble monter vers le ciel, réverbérée par les bâtiments autour. Le chant est souvent mélodieux, presque mystique. Lorsque le soleil est en train de se coucher, et que les muezzin du quartier entonnent tour à tour l'appel à la prière, c'en est presque magique.

Et lorsque la voix se tait, le calme revenu, l'on a parfois un peu l'impression d'avoir assisté à un moment unique, qui se répète pourtant inlassablement plusieurs fois, tous les jours, dans un pays où la spiritualité fait partie intégrante de la vie quotidienne.

mercredi 29 janvier 2020

Petites nouvelles

Par principe, je ne voulais pas écrire d'articles sans photos. Je n'aime pas trop écrire un blog sans illustrer. Le problème récurrent dans mon cas, c'est que je prends des photos avec un appareil reflex qui produit des fichiers de plusieurs mégaoctets très longs à charger... et cela me décourage d'avance.
Et je pense toujours à plein de choses à raconter ici mais je ne le fais pas.
Il est temps de remédier à cela !

Le temps défile à une allure folle. Déjà 4 mois au Caire. Je ne m'y fais pas, il s'est déjà passé tant de choses et j'ai l'impression d'être là depuis bien plus longtemps. Début janvier, j'ai voyagé à Assouan, ville coup de cœur à laquelle je me dois de consacrer un article... avec photos, évidemment, c'est trop beau pour ne pas être partagé.
L'hiver est bien installé, et si dans la journée il fait bon au soleil (il fait dans les 14 degrés maximum) le soir les maisons et appartements se rafraîchissent d'un coup. J'en suis à me balader en simple gilet dans la journée, et à enfiler un sweat puis à enrouler un plaid autour de moi le soir. Au travail, c'est pire, car nos salles de classe et notre bureau sont exposés au nord, et il y fait froid toute la journée. Le froid transperçant des bâtiments mal isolés. Quand je dis froid, on parle de températures au dessus de 10°C, mais la sensation est très désagréable. En cela, je retrouve une forte ressemblance avec le Japon... et autant dire que cet aspect-là ne me manquait pas !

Je profite d'un mois de janvier plutôt casanier, avec quelques découvertes au Caire mais à un rythme peu soutenu. Je compte bouger un peu plus en février... et j'ai d'ores et déjà une croisière sur le Nil prévue en avril !
Tant d'opportunités photos en perspective... j'ai hâte !

lundi 2 décembre 2019

Premières impressions.

Sabah el-fol !

Voilà donc deux mois que j'habite au Caire. Par quoi commencer pour parler de cette ville ?
Pas facile de la décrire avec quelques simples adjectifs. Pour moi, Le Caire fait partie des villes qui ne s'expliquent pas mais qui se vivent, sans quoi on ne pourrait pas les comprendre complètement. 
D'abord, elle est immense. Plus de 15 millions d'habitants se répartissent dans ses quartiers toujours grandissants. Elle s'étend de manière tentaculaire un peu partout autour de son centre névralgique, sur les rives du Nil. D'aucuns se souviendront peut-être des livres de géographie de collège qui nous présentaient, il fut un temps, des photos satellite comparatives montrant le grignotage progressif de la ville sur le désert, se rapprochant dangereusement des pyramides de Gizeh. Aujourd'hui, il n'est même plus question de cela, puisque les zones urbaines ont simplement adroitement contourné le plateau où trônent les monuments, pour se répandre autour. Et sur l'autre rive, à l'est, encore plus enfoncés dans le désert, se dessinent bon nombre de nouveaux quartiers comme le Nouveau Caire, qui est censé devenir à terme le vrai centre administratif de la capitale. Beaucoup de chantiers en cours, en somme !


C'est donc une ville où fourmille un nombre très important de personnes. Que ce soit dans la rue, dans le métro, dans les milliers de bus et microbus, et bien évidemment dans les innombrables voitures qui sillonnent les rues du Caire, des gens qui se pressent, ou qui ne se pressent pas, d'ailleurs, mais qui sont bien là, qui vivent. Il y a bien sûr des heures plus calmes, des moments plus sereins, mais globalement je trouve que ce sont les Cairotes qui donnent tout son dynamisme à la capitale. Elle n'est si vivante que grâce à eux. 



Au vu de ma modeste expérience ici, on vit bien au Caire. Evidemment, plus encore lorsqu'on est étranger/expatrié. Mais globalement la vie y est peu chère, les services assez faciles d'accès et les transports y sont efficaces - je parle ici surtout du métro, des Uber, du bus longue distance et du train.  On y trouve un grand nombre de restaurants de cuisines variées, des magasins internationaux comme de petites boutiques innovantes. Et puis surtout, il y a toujours moyen de négocier et de s'arranger pour obtenir quelque chose, sans compter que le sens de l'entraide est important chez les Égyptiens. C'est pour cela que je n'ai jamais été vraiment perdue dans cette ville que je ne connais pourtant pas, parmi ces gens dont je ne comprends pas ou peu la langue. Pour moi, il y a une douceur de vivre dans ce pays, pourtant souvent écrasé par la chaleur, qui apaise.

Mes seuls regrets concernent deux phénomènes de taille : la pollution et les déchets. Impossible d'ignorer l'un ou l'autre, ils sont présents de manière bien visible au quotidien et ce n'est pas toujours facile de passer ses journées à constater que peu de solutions ou d'alternatives semblent vraiment essayer de résoudre le problème. J'en reparlerai bientôt.

Je pourrais disserter encore des heures sur ma ville d'adoption mais je vais m'arrêter là pour aujourd'hui ! Vous pouvez cependant me laisser un commentaire si vous avez une question précise sur Le Caire, et je me ferai un plaisir de répondre ;)