Par principe, je ne voulais pas écrire d'articles sans photos. Je n'aime pas trop écrire un blog sans illustrer. Le problème récurrent dans mon cas, c'est que je prends des photos avec un appareil reflex qui produit des fichiers de plusieurs mégaoctets très longs à charger... et cela me décourage d'avance.
Et je pense toujours à plein de choses à raconter ici mais je ne le fais pas.
Il est temps de remédier à cela !
Le temps défile à une allure folle. Déjà 4 mois au Caire. Je ne m'y fais pas, il s'est déjà passé tant de choses et j'ai l'impression d'être là depuis bien plus longtemps. Début janvier, j'ai voyagé à Assouan, ville coup de cœur à laquelle je me dois de consacrer un article... avec photos, évidemment, c'est trop beau pour ne pas être partagé.
L'hiver est bien installé, et si dans la journée il fait bon au soleil (il fait dans les 14 degrés maximum) le soir les maisons et appartements se rafraîchissent d'un coup. J'en suis à me balader en simple gilet dans la journée, et à enfiler un sweat puis à enrouler un plaid autour de moi le soir. Au travail, c'est pire, car nos salles de classe et notre bureau sont exposés au nord, et il y fait froid toute la journée. Le froid transperçant des bâtiments mal isolés. Quand je dis froid, on parle de températures au dessus de 10°C, mais la sensation est très désagréable. En cela, je retrouve une forte ressemblance avec le Japon... et autant dire que cet aspect-là ne me manquait pas !
Je profite d'un mois de janvier plutôt casanier, avec quelques découvertes au Caire mais à un rythme peu soutenu. Je compte bouger un peu plus en février... et j'ai d'ores et déjà une croisière sur le Nil prévue en avril !
Tant d'opportunités photos en perspective... j'ai hâte !
mercredi 29 janvier 2020
mercredi 15 janvier 2020
lundi 6 janvier 2020
Les fêtes en Egypte
Massa el-kheir !
Tout d'abord, bonne année 2020 à tous. Ou comme on dit ici, "kull sanah wi intu taibiin" ("Que vous alliez bien toute l'année") !
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, un troisième mois s'est écoulé et j'ai toujours autant l'impression d'être prise dans un tourbillon tant le temps passe vite.
En ce mois de décembre j'ai principalement travaillé et vu les températures descendre de plus en plus pour s'arrêter autour de 15°C maximum dans la journée ces derniers jours. Il fait toujours beau, le soleil est bien là la plupart du temps, mais le soir tout bascule dès le coucher du soleil. Et il ne fait pas seulement "frais" puisque je me balade avec un plaid sur les épaules dans la maison :P
Dans ces conditions vraiment différentes de la majorité des pays où j'ai vécu jusqu'à présent, mon cerveau a semble-t-il eu un peu de mal à suivre. Plus exactement, je n'ai pas ressenti l'arrivée de la période des fêtes comme d'habitude. Jusqu'au 24 décembre, mon quotidien n'a pas du tout changé, à l'exception de quelques décorations de Noël aperçues au hasard dans des restaurants ou boutiques et d'un déjeuner dans un café situé dans un grand centre commercial où se trouvait un immense sapin de Noël. Ainsi, au Caire, cette fête est donc présente avant tout dans les lieux de consommation, où on y va franco avec force illuminations, bonnets de Noël et traîneau avec rennes.
Il m'a fallu pourtant attendre le réveillon pour tout à coup passer en "mode Noël" car j'avais la grande chance d'avoir mon amie Maëva avec moi pendant une semaine. Pour fêter dignement ce jour, il fallait marquer le coup. Nous avons attendu bien sagement que j'aie fini de travailler pour nous ruer au supermarché puis au centre commercial, avec une seule mission : nous approvisionner pour notre repas de Noël et recréer l'ambiance de Noël en admirant les décorations !
Nous avons décidé de notre menu en cours de route : notre première lubie a été d'acheter de quoi faire des sablés de Noël selon une recette de Maëva. Il nous ont occupées une grande partie de la soirée, avec une playlist de Noël en fond sonore histoire de bien se mettre dans l'ambiance. Le repas s'est finalement composé ainsi : canapés de houmous à la betterave ou au saumon fumé, poulet aux haricots verts et aux pommes de terre sautées, et une myriade de desserts entre l'énorme gâteau que j'ai voulu acheter (dans le genre "j'assume ma gourmandise"...), les sablés et les Ferrero Rocher et les chocolats Lindt pour compléter le tout !
Le lendemain matin, il me restait une énorme moitié de gâteau et j'ai décidé de l'emmener au travail pour la partager avec mes collègues. Mais une question est venue me tarauder pendant tout le trajet : et s'il s'agissait d'un impair ? Et si mes collègues, tous musulmans, se trouvaient gênées de partager un gâteau de fête un 25 décembre ? C'était peut-être stupide mais j'avais peur qu'ils croient que j'y mettais une symbolique religieuse qui n'allait pas de pair avec la leur. J'ai failli croire que j'avais raison de m'inquiéter car au début le gâteau n'a pas semblé attirer l'appétit de grand-monde. J'ai insisté en plaisantant sur le fait que c'était pour qu'ils m'aident à le finir et que c'était "juste un gâteau" que j'avais apporté. L'un de mes collègues a dû sentir quelque chose, je ne sais pas, mais il s'est mis à insister pour que nous le partagions immédiatement car "on est comme de la famille". J'ai été touchée par ce geste. Au final, les sablés que j'avais également apportés et le gâteau n'ont pas fait long feu et le 25 décembre a été une chouette journée.
Dans les jours qui ont suivi, tout en faisant un peu de tourisme dans la ville, je n'ai pas arrêté de me demander comment j'allais passer le réveillon du 31 décembre. Je m'intéressais vaguement à un compte à rebours avec un petit feu d'artifice qui est organisé chaque année dans un centre commercial un peu éloigné, mais sans grande conviction en sachant que je serais seule. A partir du moment où j'ai eu la confirmation que j'allais travailler le lendemain, j'ai abandonné tout projet : en admettant que je sorte, je ne savais pas combien de temps il me faudrait pour retrouver un Uber et pour rentrer jusque chez moi par la suite. Je suis donc restée sagement à la maison et ai préparé mes cours et d'autres projets comme chaque soir.
A 10 minutes de la nouvelle année, j'ai allumé la télé histoire de voir ce qu'il s'y passait. Et là, la révélation. Mes étudiants m'avaient déjà souhaité "Joyeux Noël !", ce qui avait éveillé mes soupçons plus tôt dans la journée, mais là tout s'éclairait : tous les plateaux télé étaient recouverts de sapins décorés, de boules de Noël, de bonnets rouges... les Égyptiens fêtent Noël le 31 au soir !
Le temps d'un petit compte à rebours et il était minuit. Après quelques souhaits de bonne année à ma famille et des amis connectés sur Facebook, il était déjà plus d'une heure du matin quand je me suis décidée à aller me coucher. Et c'est finalement avec une boîte de Quality Street, achetée au cas où un peu plus tôt la veille, que j'ai souhaité une bonne année à mes étudiants. Si j'avais su, j'aurais refait des sablés...
Voilà pour mes premières fêtes de fin d'année en Egypte !
lundi 30 décembre 2019
Photo de la semaine
Le soleil décline lentement derrière la mosquée Al-Azhar, l'une des plus connues et des plus fréquentées du Caire.
vendredi 6 décembre 2019
Les trois beautés.
J'aurais bien du mal à commencer un blog sur l'Egypte, d'autant plus en habitant au Caire, sans en parler.
Même ici, dans des conversations avec des Égyptiens, on me demande naturellement si je suis allée les voir. Et comme je rêvais de les voir en vrai depuis environ 20 ans, bien sûr que je suis allée leur rendre une petite visite.
Je parle bien sûr des trois grandes pyramides du plateau de Giza, à l'ouest du Caire. Les monuments funéraires de trois grands pharaons de l'Ancien Empire, Khéops (Khufu), Khéphren (Khafre) et Mykérinos (Menkaure), que toute personne, intéressée par l'Egypte antique ou non, connaît forcément.
Y accéder depuis chez moi n'est pas chose facile : j'habite littéralement à l'opposé du plateau, sur l'autre rive du Nil, à l'est du Caire. Pour ma première visite, il m'a fallu m'armer de patience. Je me suis malencontreusement réveillée après mon réveil et ai cumulé une heure de retard dans le programme que je m'étais prévu. Ceci pourrait être un détail, mais j'avais en tête de ne pas arriver trop tard dans la matinée pour trois raisons : d'abord, plus tôt on y arrive, moins il y a de touristes. Même si on est certainement loin des hordes de touristes des années pré-révolution, par principe j'essaye d'éviter les moments où il y a du monde. Autre argument non négligeable, début octobre il faisait encore très chaud, et le plateau semi-désertique de Giza à 10h du matin n'est pas l'endroit le plus agréable du monde par presque 30°C... Enfin, en lien avec les deux raisons précédentes, la qualité de mes photos en a un peu pâti : soleil de midi + touristes et marchands difficiles à éviter = pas trop de photos magiques.
Y accéder depuis chez moi n'est pas chose facile : j'habite littéralement à l'opposé du plateau, sur l'autre rive du Nil, à l'est du Caire. Pour ma première visite, il m'a fallu m'armer de patience. Je me suis malencontreusement réveillée après mon réveil et ai cumulé une heure de retard dans le programme que je m'étais prévu. Ceci pourrait être un détail, mais j'avais en tête de ne pas arriver trop tard dans la matinée pour trois raisons : d'abord, plus tôt on y arrive, moins il y a de touristes. Même si on est certainement loin des hordes de touristes des années pré-révolution, par principe j'essaye d'éviter les moments où il y a du monde. Autre argument non négligeable, début octobre il faisait encore très chaud, et le plateau semi-désertique de Giza à 10h du matin n'est pas l'endroit le plus agréable du monde par presque 30°C... Enfin, en lien avec les deux raisons précédentes, la qualité de mes photos en a un peu pâti : soleil de midi + touristes et marchands difficiles à éviter = pas trop de photos magiques.
Après un long trajet métro + correspondance dans un autre métro + taxi difficile à trouver, je suis enfin arrivée au bout de l'immense avenue des Pyramides, qui traverse le quartier gigantesque de Giza. Et là, l'émotion : alors que je regarde distraitement à gauche, au détour d'un immeuble, la voici qui apparaît. Sans prévenir, un immense cône se dresse majestueusement derrière les habitations. Khéops me salue. Bientôt j'aperçois le sommet caractéristique de la pyramide de Khéphren. Le soleil est haut, la pollution est visible, mais qu'importe : cette première vision des pyramides restera gravée dans ma mémoire comme un moment magique.
Arrivée aux portes du site, nouvelle tuile : je n'ai pas assez d'argent liquide, on ne peut pas payer par carte et on m'avait fait croire qu'il y avait un distributeur près des guichets mais en réalité non. J'ai donc perdu du temps à en chercher un dans l'hôtel de luxe le plus proche.
Enfin, me voici marchant en direction de la plus grande pyramide, la seule des sept merveilles du monde antique encore debout, la pyramide du pharaon Khufu (Khéops en grec). Elle est déjà entourée de marchands de toute sorte et de touristes chasseurs de selfies. Je ne m'éternise pas et décide de l'admirer plus tranquillement plus tard. Je prends tout de même une photo de son sommet, qui n'a pas grand intérêt photographiquement parlant mais j'avais envie de montrer comment on la voit quand on regarde vers le haut.
"Éblouie par le dieu Soleil" (oui le Roi Lion m'inspire), je poursuis ma route en répétant inlassablement la même rengaine aux différents racoleurs (promenade en chameau, à cheval, en calèche ou vendeurs de souvenirs...) à savoir que non, je ne suis pas intéressée, et non pas "maybe later". Je me dirige vers le grand gardien de ce site sacré : le Sphinx. On ignore encore précisément à quoi il servait et à qui il est censé ressembler, mais une chose est sûre : il impressionne. Il y a bien un certain nombre de touristes mais le lieu se prête bien à des photos (presque) sans personne dessus.
Il n'y a presque personne. Je prends mon temps. On dirait que peu de gens font l'effort de venir jusque là à pied, ce qui m'arrange bien. A l'ouest de la pyramide, j'admire les pyramides des reines encore bien conservées. De l'autre côté, profitant d'un peu d'ombre, j'ai le loisir d'observer l'énorme balafre creusée dans la pierre... occasionnée par la tentative pour le moins brutale du roi Farouk 1er de percer les secrets au monument...
Il fait trop chaud. Je retourne vers la pyramide de Khéops pour tenter de profiter de sa vue, mais là encore ce n'est pas chose facile. Les abords de cette pyramide sont très aménagés (musée, route, poubelles...) et il est bien difficile d'éviter ces obstacles...
Il est déjà 13h passées. Au fil de ma balade, j'ai entendu les appels à la prière du midi de toutes les mosquées de la région, ainsi que le prêche de nombreux imams aux micros plus ou moins fonctionnels. On n'est jamais totalement déconnectés de la vie moderne en Egypte, même sur le plateau de Giza ^^
C'est en tout cas le signe qu'il faut rentrer. Je remets à une autre fois mon envie de prendre les trois pyramides alignées en photo - le point de vue est bien trop loin. A charge de revanche, donc...
mercredi 4 décembre 2019
Photo de la semaine
La mosquée Mohammed Ali, au Caire.
Ancienne (achevée en 1848), imposante et majestueuse, cette mosquée est l'un des symboles du Caire. Elle trône dans la citadelle de Saladin, place fortifiée située sur un promontoire qui domine une partie de la vieille ville. Son architecture est grandement inspirée de la mosquée bleue d'Istanbul et ses deux minarets sont si hauts qu'il était impossible de les inclure dans cette vue depuis la cour intérieure...
lundi 2 décembre 2019
Premières impressions.
Sabah el-fol !
Voilà donc deux mois que j'habite au Caire. Par quoi commencer pour parler de cette ville ?
Pas facile de la décrire avec quelques simples adjectifs. Pour moi, Le Caire fait partie des villes qui ne s'expliquent pas mais qui se vivent, sans quoi on ne pourrait pas les comprendre complètement.
D'abord, elle est immense. Plus de 15 millions d'habitants se répartissent dans ses quartiers toujours grandissants. Elle s'étend de manière tentaculaire un peu partout autour de son centre névralgique, sur les rives du Nil. D'aucuns se souviendront peut-être des livres de géographie de collège qui nous présentaient, il fut un temps, des photos satellite comparatives montrant le grignotage progressif de la ville sur le désert, se rapprochant dangereusement des pyramides de Gizeh. Aujourd'hui, il n'est même plus question de cela, puisque les zones urbaines ont simplement adroitement contourné le plateau où trônent les monuments, pour se répandre autour. Et sur l'autre rive, à l'est, encore plus enfoncés dans le désert, se dessinent bon nombre de nouveaux quartiers comme le Nouveau Caire, qui est censé devenir à terme le vrai centre administratif de la capitale. Beaucoup de chantiers en cours, en somme !
C'est donc une ville où fourmille un nombre très important de personnes. Que ce soit dans la rue, dans le métro, dans les milliers de bus et microbus, et bien évidemment dans les innombrables voitures qui sillonnent les rues du Caire, des gens qui se pressent, ou qui ne se pressent pas, d'ailleurs, mais qui sont bien là, qui vivent. Il y a bien sûr des heures plus calmes, des moments plus sereins, mais globalement je trouve que ce sont les Cairotes qui donnent tout son dynamisme à la capitale. Elle n'est si vivante que grâce à eux.
Au vu de ma modeste expérience ici, on vit bien au Caire. Evidemment, plus encore lorsqu'on est étranger/expatrié. Mais globalement la vie y est peu chère, les services assez faciles d'accès et les transports y sont efficaces - je parle ici surtout du métro, des Uber, du bus longue distance et du train. On y trouve un grand nombre de restaurants de cuisines variées, des magasins internationaux comme de petites boutiques innovantes. Et puis surtout, il y a toujours moyen de négocier et de s'arranger pour obtenir quelque chose, sans compter que le sens de l'entraide est important chez les Égyptiens. C'est pour cela que je n'ai jamais été vraiment perdue dans cette ville que je ne connais pourtant pas, parmi ces gens dont je ne comprends pas ou peu la langue. Pour moi, il y a une douceur de vivre dans ce pays, pourtant souvent écrasé par la chaleur, qui apaise.
Mes seuls regrets concernent deux phénomènes de taille : la pollution et les déchets. Impossible d'ignorer l'un ou l'autre, ils sont présents de manière bien visible au quotidien et ce n'est pas toujours facile de passer ses journées à constater que peu de solutions ou d'alternatives semblent vraiment essayer de résoudre le problème. J'en reparlerai bientôt.
Je pourrais disserter encore des heures sur ma ville d'adoption mais je vais m'arrêter là pour aujourd'hui ! Vous pouvez cependant me laisser un commentaire si vous avez une question précise sur Le Caire, et je me ferai un plaisir de répondre ;)
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